École Supérieure du Cinéma d'Animation (ESCA) - René Borg - Bienvenue

Bandeau René Borg

Il nous a créés,
il nous a fait vivre

Les Shadoks
René Borg, vous avez été le créateur de nombreux personnages dans autant de séries cultes. Quelle part de vous-même y avez-vous mis et qu’espérez vous apporter à vos futurs élèves au sein de l’école du cinéma d’animation ?

« Un personnage de dessin animé peut initier un scénario mais en principe, c'est l'idée d'une histoire qui germe d'abord. Mais surtout, au sein de l’école du cinéma d’animation, c’est ce qui s’appelle l’inspiration qui sera cultivée. Ensuite, c'est comme un écheveau à vos pieds : il faut trouver le bout et tirer dessus tout doucement. Vous verrez, ça vient tout seul ! Puis, on crée les protagonistes. Quelle part de moi-même mets-je dans mes films d’animation ? Leonardo da Vinci a dit que « l'invention n'est pas humaine ». Je pense qu'ensuite, c'est votre acquis, votre background, ajouté à votre sensibilité qui fait le reste, avec des choix soit pour l'action, soit pour la poésie, soit pour le drôle, soit pour le loufoque etc. »

Au regard de l'évolution de la technique de fabrication de dessins animés aujourd'hui, quelle sera la place des nouvelles technologies dans l’école du cinéma d’animation ?

« Cette évolution est un bien nécessaire, et je me suis entouré, pour créer l’école du cinéma d’animation, de collaborateurs très compétents dans ces domaines. Il faut aller vite : l'argent en location coûte cher. Mais la technique n'est qu'un outil. De plus, l'ordinateur est un « crayon » perfectionné. Si derrière, il n'y avait pas l'homme, cet outil ne transcrirait que froideur et automatisme. Il faut donc dominer les nouvelles technologies par de l'artistique. »

Un message particulier à adresser aux jeunes générations de dessinateurs, de concepteurs et de réalisateurs de films d’animation ?

« Durant mes conférences devant des jeunes qui s’intéressent au dessin animé ou au cinéma d’animation, je dis qu'il faut avoir de l'opiniâtreté, et, le talent ne suffisant pas, hélas, de la chance, telle une « péripatétichienne » (sic) qu'il faut courtiser tous les matins. Découlant de là, elle vous fera rencontrer le Père Noël, c'est-à-dire le Monsieur qui mettra de l'argent sur un projet, auquel on doit croire si l'on veut que d'autres y croient. Pour finir, une école du cinéma d’animation ou une école du dessin animé doit donner aux jeunes un credo, une devise : Osez ! Je suis moi-même autodidacte et ai commencé ma carrière à plus de 27 ans. C'est pourquoi, il n’est pas indispensable que les candidats aient obligatoirement le bac car il ne faut pas que l’absence de ce diplôme soit une barrière contre le nombre croissant de dessinateurs qui se présentent. Pour moi, seul compte le coup de crayon. Enfin, je reste à l'écoute de tout passionné et de tous les jeunes qui veulent d'autres renseignements afin d'entrer dans cette belle famille, au sein de l’école du cinéma d’animation, ou partout ailleurs. »